vendredi 27 mars 2009

Hiroshima chic (vidéo)



Ci-dessous extrait d'une entrevue qui vient d' ici : http://wizzz.telerama.fr/leliepvrealain



La découverte de ce qui s’est passé à Hiroshima, alors que j’étais enfant m’a, en quelque sorte, traumatisé, foudroyé. Première prise de conscience – dans la chair – de la dimension mondiale et politique de mon existence…

Quelle est l'idée qui se cache derrière votre film ?
Bah – comme pourrait dire Jonas Gonzoni (
http://wizzz.telerama.fr/povoite) … - pas grand-chose se cache derrière…
Enfin, disons que j’espère qu’à travers mes travaux ce n’est pas moi que l’on trouve ni même une idée de moi ou à moi, mais soi… Ce que « déclenche » une œuvre d’art chez les individus c’est une sorte de sursaut d’un moi qui ne demande qu’à s’épanouir…C’est peut-être un début de définition de ce qu’est l’émotion… Le truc qui renverse à l’intérieur de soi… (en tous cas, reporté à mon travail c’est vachement ambitieux…)

Le thème de Hiroshima est depuis plusieurs années transversal : il est présent dans mes rêves, mes lectures, et donc dans tous mes travaux… Chaque pièce fait partie d’un tout que je nomme « souvenirs de Hiroshima ». Peut-être n’est-ce qu’un prétexte pour fonctionner en ce moment… (comme les Merz de Schwitters… ?)

Les photographies sont faites avec la complicité d’une amie… Qui joue le jeu avec plaisir et du même coup influe sur le résultat… Les images elles-mêmes tentent de dire la difficulté que j’éprouve à faire un lien cohérent entre ce que peut désirer un individu et ce que lui impose le groupe, ou la civilisation, ou sa culture…. Cette espèce de fossé incroyable qui tiraille et fait mal : faire l’amour, peinard, tout près du ciel et de la mer et des arbres et des limaces, et se prendre sur la gueule tout un concentré de haine qui gonfle depuis des siècles sous la forme hightech d’une bombe au nom rigolo…

Je crois que ce « fossé » est ce que j’essaie d’identifier dans mon travail…

1 commentaires:

Lajoe a dit…

Bonjour Alain, je ne savais pas que tu étais ici, aussi... Je m'étais toujours demandé, pourquoi est-il hanté ainsi par Hiroshima, et là, je sais.
A douze ans, j'ai assisté à la projection du film La bombe de Peter Watkins, docu-fiction où l'insoutenable fut avivé par la crise de nerfs d'une fille de mon âge, qu'il a fallu évacuer. Je n'ai plus dormi pendant des années comme avant, redoutant, à chaque essai nucléaire à l'autre bout de la planète, que celle-ci soit foudroyée. Ma mère n'en a jamais rien su, et ce doit être au fond de moi, encore.
Et merci, Alain, pour toutes tes merveilles . Lajoe, du wizzz.